postanarchisme
Finalement, ce n’est pas très simple de trouver des choses intéressantes accrochées au mur (certainement parce que les sentiers battus ne sont pas fait pour ce type de découvertes).
Mais quand même. A Vevey, ces jours, il y a une résurgence très soft et ironique de l’anarchisme, avec le slogan exclamatif que voici :
Évidemment, on est très loin de la hargne énergétique de Bakounine. Encore une fois, on se retrouve heurté par un mur sémiotique : si le message est parfaitement lisible – d’un point de vue technique – le geste même nous échappe. Pourquoi cela? Pourquoi ici?
Ce que l’on peut seulement faire, c’est sourire devant l’auto-dérision de la main qui la sprayée : bien sûr qu’être contre tout est une posture absurde et son auteur n’y croit pas une seconde. C’est un peu une variante postmoderne du graffiti : celui-ci n’exprime aucune conviction, seulement une pointe d’humour mais qui cache mal un vide terrible : qu’est-ce qui peut être digne d’une cause, pour que l’on la proclame fièrement, pour qu’on l’écrive au vu et au su de tous?
Rien visiblement.
[cela reste évidemment hautement spéculatif]
Capacité de corrélation
On parle pas mal de violence conjugale ces derniers temps – en effet c’est une cause nationale en France – mais malgré la gravité du sujet je n’ai pas pu réprimer un rire incrédule en traversant la route dans une rue de Genève :
D’accord, ce n’est pas un graffiti, mais j’ai trouvé l’association d’idées assez parlante – même si la volonté d’interpeller est ici – bien involontaire. Accessoirement, on observera que si la publicité de gauche me frappe (si j’ose dire) par son intelligence et la manière épurée, pudique (mais franche), lesquelles permettent d’exprimer en creux les drames qui peuvent se jouer chaque jour dans les foyers, autant la publicité de droite est d’une bêtise atterrante dans sa formulation et dans sa présentation.
Pour moi, cela me fait plaisir de voir qu’il vaille toujours la peine de lever les yeux loin de ses propres semelles et d’observer attentivement un environnement que l’on croit trop familier pour être digne d’intérêt (à savoir : le quartier de Montbrillant).
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