Farfouille

zigzags en dilletante

Quand tourner une page devient un véritable challenge

Découverte avec les ebooks bardés de DRM : passer de la page 6 à la page 7 n’a rien d’évident.

Comme on le sait, Payot propose l’achat d’e-books depuis leur catalogue en ligne. Par curiosité, j’ai voulu tenter le coup. Mais quoi acheter? Après avoir parcouru – assez laborieusement – le catalogue de la librairie, je suis tombé en arrêt devant un livre, Les jours redoutables, sur Israël et la Palestine.

Un joli titre : en fait les jours redoutables font référence aux dix jours précédant le Yom Kippour (jour du Grand Pardon)

Tout s’est bien déroulé : armé d’une carte de crédit (c’est obligatoire, si on veut acheter des ebooks), j’ai pu télécharger le livre et l’injecter dans mon reader.

Au fait, une petite comparaison de prix est très instructive :

  • Prix papier : CHF 38.50 (en grand format, chez Payot)
  • Prix du PDF : CHF 23.80 (chez Payot)
  • Prix de l’ePub : CHF 25.30 (chez Payot)…mais on peut l’acheter chez EPagine à 17.60 Euros (soit CHF 21.53 au cours actuel! En d’autres termes, c’est moins intéressant de l’acheter chez un libraire suisse, car celui-ci doit respecter des contrats de diffusion qui le contraignent à vendre son ebook plus cher qu’en France…tout comme pour les livres papiers! Une absurdité stupéfiante, puisqu’il est tout aussi facile d’acheter son livre chez Epagine que chez Payot…).

Ce problème de prix étant noté, j’ai commencé à lire mon ebook….l’introduction est sympa et….parvenu à la page 6, je clique désespérément pour passer à la page suivante…sans résultat! Très vite, je me demande si le fichier n’est pas bloqué par les DRM (car j’ai dû utiliser mon ID Adobe afin d’authentifier mon ebook sur mon portable, puis sur mon Sony Reader). Pour en avoir le coeur net, le mode d’emploi pour faire sauter les DRM est très simple.

Quelques minutes plus tard, ayant déverrouillé mon ebook, ô joie, voici que je peux maintenant passer de la page 6 à la page 7 en toute quiétude!

Je me suis permis de signaler le cas au SAV de Payot, aussi par curiosité, pour voir quelle serait leur réaction…et j’ai eu la surprise d’avoir une réponse directement de la part du directeur de Payot. Voici ce qu’il m’a (entre autres) dit :

1. je signale le pb que vous avez rencontré au fournisseur, afin qu’il regarde si le fichier que vous avez acheté était endommmagé.
2. le prix des fichiers numérique : je suis d’accord avec vous, ils sont encore très chers vs la version papier, notamment. Le prix est fixé par l’éditeur, nous n’avons pas « la main » sur le prix. C’est une des conditions fixées pour pouvoir les commercialiser que de nous engager à respecter les prix de vente. Les édieturs francophones souaitent éviter un marché de dumping comme aux Etats-Unis.
3. Les DRM : idem, ils nous sont imposés par l’éditeur, comme le prix de vente. Sur le fond, je suis d’accord avec vous et suis personnellement contre. Les livres papier ont toujours circulé librement, protéger les fichiers numériques de cette façon est un frein à leur diffusion.
Et en plus ils sont faciles à craquer, donc inefficaces !

Je crois qu’il est clair qu’on ne peut pas accuser les librairies d’être de mauvaise volonté ; c’est tout un système dans son ensemble (celui de la distribution du livre) qui doit complètement se renouveler. Et cela sans vouloir calquer des règles qui seraient valables dans un monde « papier » mais qui deviennent complètement absurdes dans un contexte purement numérique (ainsi le prix des ebooks….).

Ce qui est intéressant, c’est de constater que Payot et son directeur suivent ce marché des ebooks très attentivement au point même de répondre personnellement au simple consommateur.

27 mai 2011 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , | Laisser un commentaire

La Suisse, c’est encore le Mésozoïque

En fait, la situation est très simple. Si vous aimez les livres électroniques, hors du pays de cocagne que constitue les Etats-Unis, les choix à dispositions se réduisent à une peau de chagrin famélique dermatologiquement éprouvée.

Vous avez la plate-forme http://www.e-readers.ch avec l’Office du livre de Fribourg (OLF) qui est un très grand acteur dans la diffusion. Chic, pourrait-on se dire. L’ennui, c’est qu’une multitude de facteurs ne rendent pas la plate forme très intéressante à utiliser : d’abord, une ergonomie limitée, avec un moteur de recherche trop statique (fait de formulaires et de listes déroulantes, qui se réinitialisent systématiquement, ce qui est énervant quand on veut tâtonner un peu). Ensuite, la masse critique de livres intéressants n’est visiblement pas atteinte. Par excès de déformation professionnelle, j’ai recherché les livres électroniques dans le domaine religieux. Et le résultat me donne ça :

Pas de quoi se pourlécher les babines (hélas)

Bon, inutile de vous crever les yeux sur cette screenshot pas très réussie, mais il n’y a à peu près aucun livre intéressant (dans un sens double : intéressant pour moi, et pour le centre de documentation où je travaille). A part, peut-être Quand le lointain se fait proche de Philippe Charru. Bref, le choix est vraiment trop maigre pour être convainquant. On sait cependant que de nombreux éditeurs entrent « gaillardement sur la pointe des pieds« , sur le marché numérique – dixit, avec le sourire en coin, un éditeur que j’ai pu écouter sur le sujet l’autre jour. Cela explique ceci : la difficile quête de l’OLF vers une masse critique qui n’est clairement pas encore atteinte.

Un autre aspect désespérant, c’est celui du prix. Le fichier Epub de Quand le lointain se fait proche coûte donc 24.40 Frs, ce qui reste considérable. Mais – pourrait-on se dire – comme internet ne connaît pas les frontières, les fournisseurs d’ebooks devraient faire attention à toute différence de prix avec ceux affichés en Euros, sinon, ce serait se tirer une balle dans le pied? Eh bien, c’est carrément une rafale. Un coup d’oeil sur le site comparatif http://www.chasse-aux-livres.fr me permet de trouver trois ebooks à 16 Euros. Et, ça fait combien 16 Euros, hein? La réponse : 21 Frs. Dès lors, pourquoi ferais-je l’effort d’aller sur une plate-forme Suisse? Ce n’est même pas l’exemple le plus extrême concernant la disparité des prix outre-Jura. Le même éditeur genevois, sourire dans l’autre coin, indique que les distributeurs de grands groupes imposent le prix de vente (sur lequel l’éditeur ne peux rien dire), et que ce sont ceux-ci qui fixent sciemment cette différence de prix. En plus, vous trouvez, vous que 20 balles pour un PDF, c’est bon marché? Bien sûr que non! Certes, c’est difficile de savoir combien coûte un ebook, ce d’autant plus que le travail d’édition ne change pas (mais se retrouve libéré des contraintes de l’impression), mais le prix légitime pourrait – j’espère – atteindre un prix plancher autour des 10 Frs, ce qui reste encore très élevé. Pour indication, aux Etats-Unis, le prix habituel se fixe autour de $9.99.

Bref, la Suisse n’est pas encore techniquement prête pour une révolution numérique qui soit équivalente à celle de l’imprimerie à Gutenberg. Espérons qu’elle ne montera pas en retard dans le train, par rapport aux autres pays européens.

Dans un autre billet, on pourra parler de la seconde principale alternative pour se fournir en Ebooks (non gratuits, il faut bien le signaler…) : il s’agit de  Payot et de son flirt avec Booken 🙂

6 avril 2011 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | Laisser un commentaire

Sans éditeur, un ebook reste un mauvais livre

Tout récemment, je suis tombé sur un site, qui propose des ebooks à des prix (enfin) intéressants. Et celui que je voulais lire ne coûtait que 1.99 Euros. Une bonne affaire non?

Et en plus, son titre indique que l’auteur (Lorenzo Soccavo) est un passionné des défis que posent le numérique aux bibliothèques.

Oui mais voilà. Pour tout dire, je suis un peu dépité (même si c’était une expérience très intéressante ; la preuve, j’en fais un billet de blog 😉 ). Il y a plusieurs problèmes autant sur la forme que sur le fond.

La forme

D’abord disons ce qui va bien : j’ai pu acheter le fichier EPUB (sans les trop habituelles contraintes de type DRM, mais avec une watermark : mon adresse email est indiquée en filigrane sur le fichier, ce qui m’encourage à ne pas le partager à des personnes à qui je ne ferais pas confiance), avec une carte de crédit – seule possibilité d’achat qui nous est offerte avec ce type de produit…

J’ai ensuite déposé le fichier obtenu sur Calibre et je l’ai transféré sur mon bien-aimé Sony Reader. Or en le lisant, j’ai été déçu.

a) Il y a plusieurs fautes d’éditions pourtant facilement évitables. Un petit exemple : Chacun peut évidemment, depuis chez soi, et en seul clic d’une facilité déconcertante, recevoir…

b) La mise en page du fichier epub sur mon Sony Reader laisse beaucoup à désirer. Les titres des chapitres (qui sont visiblement en format image) débordent hors du cadre. Et ensuite, il y a une série de caractères (le e aigu : é ; à la fin du document) qui ne sont pas reconnus. Par contre, lorsqu’on lit ce fichier directement dans calibre, les problèmes mentionnés disparaissent. Et pour cause : j’ai un écran d’ordinateur avec une résolution incomparablement plus grande par rapport à celle d’une liseuse…

Une photo pour illustrer concrètement le problème :

Epub : on peut faire mieux que ça!

Le fond

Abordant la thématique de la bibliothèque numérique (ou numérisée ^^), l’auteur n’arrive pas a aller plus loin que des quelques notions de bases (fort stimulantes, soit dit en passant). A tel point que j’avais le sentiment de lire le texte d’un Nostradamus des bibliothèques (assorti de peut-êtres et de points d’interrogations). Je ne suis pas convaincu par le concept de Bibliothèque virtuelle que je n’arrive pas à visualiser concrètement (et pour cause : il s’agit d’un modèle hypothétique, qui jure beaucoup sur un web 3D mais dont on ne sait pas grand chose!), qui est présenté par l’auteur. Une petite citation :

La Bibliothèque virtuelle pourra être une reproduction fidèle en 3D de la bibliothèque physique, ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 (les personnels physiques pouvant être quand cela est nécessaire remplacés par leurs assistants virtuels et vice-versa), accessible à partir d’ordinateurs, de téléphones intelligents et des nouveaux dispositifs de lecture de n’importe quel point de la planète.

J’ignore ce que peut inspirer cette citation, mais en ce qui me concerne, je la trouve décidément trop vague (qu’entend l’auteur par « assistants virtuels »? Qu’est ce vraiment la « 3D »?) pour qu’on puisse en faire/discuter quelque chose de réellement intéressant. Peut-être est-ce moi qui n’ait rien compris sur ce sujet…Mais passons.

Ce qui est par contre plus intéressant (à mon sens) c’est l’idée qu’il avance que nous arrivons à la fin de l’hypertexte proprement dit (de façon très imagée, il s’agit alors de se balader d’une île à l’autre), pour arriver à une forme d’hyperlivre (un seul média, concentrationnaire, qui agrège toute l’information dont on a besoin et/ou que l’on détient). C’est une thèse qui vient récemment d’être défendue par affordance, en des mots qui sonnent très juste :

Dans l’usage même, quotidien de Facebook, de YouTube et de tant d’autres, je ne parcours aucun chemin, je n’effectue aucun autre cheminement que celui qui place mes propres pas dans ceux déjà les plus visibles ou pré-visibles, dans ceux déjà tracés pour moi par d’autres qui m’ont en ces lieux précédés. Ce chemin là, tant il est à l’avance tracé et déterminé, tant il est en permanence scruté et monitoré par d’autres « au-dessus » de moi, ce chemin-là ressemble davantage à une promenade carcérale qu’à une navigation affranchie.

(ce n’est pas très représentatif de l’ensemble de l’article, mais celui-ci vaut vraiment la peine d’être lu de haut en bas et de bas en haut 🙂 ).

D’où ma conclusion un peu dubitative, (et rétrograde, c’est un débat de 2007, plus tellement d’aujourd’hui) : parfois, l’on se trouve confronté à des billets de blogs de grande qualité, dont l’accessibilité reste bien éminemment gratuite, mais qui se révèlent être d’un intérêt supérieur à des livres imprimés, des articles de journaux voire même des ebooks payants! C’est là où je comprends vraiment pourquoi les blogs, si virtuels soient-ils, ont eu un effet dévastateur sur l’écosystème de l’information. Pourquoi payer pour de l’information dont on n’est pas certain qu’elle soit pertinente/intéressante alors que des blogs (encore faut-il les trouver!) librement accessible en donnent un éclairage autrement plus enrichissant?

Dans ce cadre, les éditeurs ont absolument intérêt à :

a) soigner la qualité des fichiers epub qu’ils vendent (et accessoirement, à ne pas vouloir refourguer des pdf, par paresse)

b) faire une sélection de qualité des livres électroniques mis à disposition. La valeur ajoutée du contenu devrait être réelle, pour que l’on accepte de payer pour s’en procurer un (et ne pas le regretter après….).

OK, c’était particulièrement long, peu drôle et verbeux comme article. Mais s’il ne fallait retenir qu’un élément intéressant dans cette expérience, ce serait d’avoir expérimenté le Watermarking 🙂 . Evidemment, c’est une solution qui souffre de défauts (on peut mettre n’importe quel mail, y compris bidon@truc.com pour éviter les conséquences négative d’une diffusion à outrance d’un fichier numérique. Sans compter le fait qu’il existe des logiciels qui peuvent retirer les watermark).

 

Et voilà un exemple frappant de watermark.

25 février 2011 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , | Laisser un commentaire

Un reader, c’est un peu comme un tigron

C’est mignon, un tigron. ça a de la classe. C’est original et ça en jette. Mais son avenir est plutôt bouché.

En fait c’est très simple : quand un tigre rencontre une lionne (oui, les amours impossibles ne sont pas réservés au genre humain), ça donne un tigron.

tigre + lionne = tigron

ron et ron et patatigron

Là où ça coince un peu, c’est que le tigron ne peut pas se reproduire (ou alors ça donne des résultats génétiquement catastrophiques, une sorte de sous-félin arriéré qui ne sait même pas se friser les moustaches, si vous voulez).

Et pourquoi on parle de ça? La question que je me pose (et vous vous en doutez peut-être), c’est bien sûr de savoir si le Sony Reader (le PRS-650, donc) ne serait pas une sorte de tigron électronique. Je crois – malheureusement – que le oui est inévitablement la seule réponse qui puisse vraiment s’imposer :

  • Dans un monde hyperconnecté – et corollairement hypermarchand -, ne pas avoir de wifi reste un handicap majeur, spécialement parce que cela permet de mettre en avant d’autres service dans la chaîne des industries culturelles (à savoir un portail marchand du type de celui du Kindle/Amazon) – même si (à mon avis) dans l’absolu, ce n’est pas si grave que ça. Et là, je sors un argument de vieux (qui n’a aucun avenir, un argument tigronné en fait) : ne pas être connectable durant une lecture numérique, ce n’est pas si mal, et ça permet de se concentrer un peu mieux que d’habitude, lorsqu’on est branché à un ordinateur. Voilà, l’argument vaut ce qu’il vaut : il est très léger et pas convainquant. Cela dit, on peut comprendre l’hésitation de Sony. Après tout, ils mettent en avant une liseuse qui peut durer très longtemps sans être rechargée. Cette prouesse technologique serait réduite en miettes avec l’intégration d’une connexion wifi (qui est une forme de vampire numérique, en somme).
vampire énergétique

un vampiwifi

  • Le noir-blanc est, technologiquement parlant, une préfiguration d’un monde en couleurs. Les premières liseuses en couleur ont fait leur apparition (même si ce n’est pas encore convainquant – voir le Nook de Barnes & Noble). Cela me donne à penser qu’en 2011 ou 2012, la lecture numérique devrait connaître un certain essor, enfin j’espère! On pourra reparler à propos des prédictions faites concernant la fin du livre, bien entendu 😉 .
  • Le Sony Reader que je possède reste peut-être encore une solution un peu trop complexe pour le grand public (puisqu’il faut apprendre à télécharger des fichiers, à installer un logiciel, à le connecter à la machine, bref être un peu à l’aise dans l’import et l’export de documents). Qui plus est, il faut vivre à côté d’un ordinateur, lorsqu’il faut charger la liseuse. Dans l’état actuel, il me semble que ce seront seulement les personnes vraiment motivées par la lecture numérique – et qui en acceptent les limitations actuelles – qui peuvent supporter ce genre de désagréments. c’est un peu malheureux à dire, mais on se dirige vers une appelisation du monde : tout doit être servi sur un plateau pour le consommateur, à qui il ne reste plus qu’à payer. C’est aussi ça qui est intéressant avec ces produits intermédiaires : on peut jouer avec, en tester les limites, farfouiller dans des pots communs de fichiers torrents, et écrire des articles de blogs ^^ .
  • Ce n’est PAS le support qui est important, c’est déjà le FAIT d’avoir des fichiers dédiés (les epub, donc – mais d’autres formats feront peut-être leur apparition – ce d’autant plus que l’epub est dédié quasi-uniquement pour l’affichage de texte – le marché florissant de la bande dessinée – et bientôt de la bande dessinée numérique n’y trouvera probablement pas son compte).
  • La sphère francophone est à ce égard vraiment trop embryonnaire. On n’y trouve presque rien comme ebook acceptable ou intéressant. Certes, on peut se procurer très facilement la crème des bests-sellers (Millenium en pdf, Houellebecq en epub et plusieurs Bernard Werber – mais celui-là je n’en veux pas même gratuitement. Beurk.), mais c’est cent fois trop limité. Alors le temps que le marché francophone se mette à niveau (ce qui est une problématique différente des ebooks), il est certain que l’ensemble des liseuses actuelles seront dépassées.

La question à 1 dollar: le diagnostic de tigronnité ayant été posé, il sera intéressant de voir comment Sony va récompenser (ou non) ses early adopters : ceux qui sont prêts à payer le prix fort pour acquérir une technologie pas encore mûre et qui n’a pas encore un avenir assuré. Est-ce que Sony va leur accorder des rabais sur des achats ultérieurs, est-ce que Sony est prêt à reprendre leurs machines dépassées? C’est ce qu’ils ont fait aux Etats-Unis (mais pas en Europe, et on peut se demander pourquoi!!).

Post-scriptum : et que se passe-t-il, quand c’est un lion qui fricote avec une tigresse? Un ligre, bien sûr!

30 novembre 2010 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , , | Laisser un commentaire

expérience de lecture

Deux mois de lectures sur un support numérique. Et qu’est-ce que ça donne? Réponse en trois temps.

Avant la lecture

Batterie : Au départ, il faut charger le Sony Reader sur un ordinateur (grâce à une mini-prise USB). Le chargement est assez long puisqu’il faut compter un peu moins de 3 heures pour que la batterie de la liseuse soit pleine.

L’intermédiaire : La question la plus essentielle survient tout de suite : comment charger des fichiers numériques sur la liseuse? Après avoir téléchargé des fichiers numériques il faut les stocker dans un service qui se chargera ensuite de les insérer dans la liseuse. Deux solutions s’offrent à nous : d’abord, la voie « officielle » : Reader Library. C’est avec cette solution que l’on pourra notamment exporter les notes et les remarques que l’on aura pu griffoner sur la liseuse. Elle offre aussi différents « Store » pour acheter des livres – mais qui se distinguent spécialement par leur inintérêt : il n’y a presque que des livres en allemand!

Reader Library

Reader Library : une solution un peu trop sommaire

Il suffit de faire un mini-tour sur le web pour se rendre compte que les adeptes de liseuses ne jurent que par Calibre : un logiciel libre léger qui permet également de gérer les fichiers numériques téléchargés ET (c’est là que ça devient intéressant pour les bibliothécaires 🙂 ) d’y ajouter facilement des métadonnées!

Calibre

La preuve que le libre, c'est bien : Calibre!

Lorsqu’on télécharge des epub, on constate souvent qu’il y a des erreurs ou des incohérences dans les métadonnées (auteur, titre, image de couverture manquante, et ainsi de suite). C’est tout l’intérêt de Calibre de pouvoir corriger ces informations et de classer au préalable le fichier numérique dans un dossier (qui sera synchronisé avec le Sony Reader). Pratiquement, il faut procéder aux étapes suivantes :

1. Télécharger un livre numérique (sur le portail du projet Gutenberg, par exemple). Recommencer l’opération autant de fois qu’on veut 🙂 .

2. Lancer Calibre et rechercher le (ou les) fichier numérique (dans le dossier des téléchargements, par exemple), qui sera ensuite stocké dans un dossier propre à Calibre. On pourra ouvrir au préalable le fichier pour être sûr qu’il soit lisible (il arrive en effet que l’on ait des mauvaises surprises).

3. Connecter le Sony Reader à l’ordinateur via un port USB.

4. Déverser les fichiers numériques dans le Sony Reader via l’interface de Calibre

5. Lire les documents tranquillement ^^ .

C’est assez simple, mais c’est sûr que cela s’adresse à des habitués du numérique (des digital natives ou au moins des digital immigrants 😉 ). Calibre est aussi intéressant pour convertir des fichiers (du pdf à l’epub ou inversement). Bref c’est un outil de travail assez complet qui permet de préparer le document à une lecture sur le Sony Reader.

Le choix des lectures

Le Sony Reader accepte aussi bien les fichiers PDF que les epub. Maintenant, le lecteur est à la croisée des chemins :

a) Les livres numériques gratuits : il existe plusieurs plateformes qui permettent de télécharger les livres tombés dans le domaine public (et qui sont donc exempts de DRM – Digital right management). Il s’agit par exemple de Feedbooks, Manybooks, le projet Gutenberg et (bien entendu) Google Books. On aura donc accès – plus ou moins – aux livres publiés depuis les débuts de l’imprimerie jusqu’au début du 20e siècle (en principe………………….). Il est spécialement intéressant de retrouver les classiques du 19e (Mme Bovary de Flaubert, Zola, les sœurs Brontë et j’en passe). Mais toutes ne se valent pas pour la qualité des fichiers numériques que l’on y trouve (et ça, c’est un bon sujet pour un autre billet de blog 😀 ). En tous cas, on n’a plus d’excuses pour se cultiver!

mme bovary

- Bonne nouvelle ma gente dame, vous avez été numérisée! ^^

b) Les livres numériques sous copyright. Alors là, il n’y a pas photo. Déjà parce qu’il faut payer. Disons le tout de suite, c’est la croix et la bannière. Il y a des éditeurs assez gonflés pour penser qu’il est encore possible de vendre des ebooks de façon locale alors qu’internet ne connaît pas de frontière, comme chacun (censément) le sait. Exemple concret : Je recherche la trilogie de Joe Abercrombie (c’est de la Fantasy, et j’aime ça ^^). Comme je suis à la base quelqu’un d’honnête, je voudrais acheter l’ebook (aussi par curiosité : pour voir comment sont gérés les DRM). Or je deviens totalement dépité quand je découvre sur différents sites qu’il me faut être AMERICAIN pour avoir le droit d’acheter un ebook. Puis je tombe sur une ABSURDITE TOTALE : un livre numérique out of stock ( = épuisé!). Finalement, la seule manière de pouvoir me le procurer, c’est de passer par un tracker bittorent, et de le télécharger en un clin d’œil. Et voilà! C’est dire qu’avec ces contraintes absurde, le monde de l’édition est sur la même pente que les majors pour la musique….A la base, je suis toujours ouvert à l’idée d’acheter des livres électroniques, mais ce type de contrainte me refroidit assez (sans parler du prix qui est largement surfait – en milieu francophone -). Un autre problème des DRM, c’est qu’ils n’autorisent (apparemment) pas plus de 6 copies du même fichier. Il suffit de réfléchir deux secondes pour se rendre compte qu’en important/exportant votre fichier sur un support puis un autre, vous épuisez très rapidement ce droit à ces 6 copies….

Et la lecture elle-même?

Alors là, autant le dire tout de suite : je suis pas mal content 🙂 .

 

bain de livres

OK, là, ce serait un peu dangereux pour un livre électronique

  • Transporter une liseuse avec moi en permanence, cela prend nettement moins de place dans mon sac, et cela se ressent au long cours.
  • Comme je lis beaucoup en anglais (une condition sine qua non, si l’on s’intéresse aux livres numériques. Si vous allez sur la seule plate-forme helvétique vendant des ebooks, on ne peut qu’être déçu par le choix qui nous est proposé), je suis très content du dictionnaire anglais-français qui est intégré dans le Sony Reader : il me suffit de cliquer sur un terme pour en avoir la traduction. C’est même cette option qui m’a définitivement fait craquer en achetant ce Sony Reader.
  • Quand je ferme puis ré-ouvre le livre, il affiche la page à laquelle je l’avais quitté. Très confortable. Par contre, le démarrage de la liseuse est un peu long : entre le moment où j’allume le reader, et le moment où je peux lire, il se déroule environ 25-30 secondes. Évidemment, cela va plus vite si on laisse l’écran en veille au lieu d’éteindre la liseuse. Comme je l’ai déjà dit, je me suis très vite habitué au glitch qui survient au défilement des pages.
  • Concernant l’autonomie : je confirme. Le reader peut durer deux semaines (et même plus) sans qu’on le recharge une seule fois. Mais cela à condition d’éteindre systématiquement le reader lorsqu’on ne l’utilise pas. Si on le laisse allumé en permanence, après 5 jours, la batterie arrive déjà au bout (ce qui est une durée analogue à celle de mon petit natel nokia).
  • Il y a par contre des options « secondaires » qui ne sont pas  particulièrement intéressantes : la prise de note, et la possibilité de gribouiller sur les pages ne m’ont pas convaincu. C’est un processus laborieux. Rechercher des termes est une option intéressante (par exemple, si on retrouve un personnage secondaire dans une intrigue et si on ne se rappelle plus dans quelles circonstances il a fait son apparition), mais limitées (il n’y a pas d’indication du nombre d’occurences du terme recherché dans l’ensemble du livre).
  • Autre option inutilisable pour moi : écouter de la musique durant la lecture 😉 (eh oui, on peut aussi télécharger des MP3 dans le Sony Reader).

Et pourtant, je suis très content de mon investissement 😀 – mais soyons honnêtes : le Sony Reader m’a coûté 299 CHF (prix de lancement), il faut bien que je le rentabilise en l’utilisant au maximum, ce qui induit certainement un biais favorable de ma part envers cette liseuse. Son prix actuel est à 349 CHF – ce qui est certainement trop cher par rapport à ce qu’on peut en faire. Mais il s’agit bien  – toutes les critiques s’accordent là-dessus- d’un reader haut de gamme particulièrement confortable pour la lecture. Et c’est vrai! Je peux le lire très confortablement dans différentes situations : dans le train, allongé sur un fauteuil ou – et c’est cela le plus formidable – pendant que je mange! Eh oui, d’habitude, je devais me battre comme un fou pour maintenir un livre (spécialement les livres de poche) ouvert pendant que de l’autre main, j’essaie d’enfourner de la nourriture….

eating AND reading AND writing

plus besoin de tenir la page pendant qu'on mange avec un Sony reader ^^

Ce qui est particulièrement formidable, c’est ce sentiment de transporter une bibliothèque dans une petite sacoche 🙂 . Cependant….malgré cela, j’ai quand même la conviction que ce Sony reader est atteint du syndrome du tigron. On en reparlera dans un autre billet ^^ .

26 novembre 2010 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , | Laisser un commentaire

Pas de ffffrrrt, mais du glitch

Il faudra s’y faire

Les esprits chagrins s’en doutaient certainement : pour tourner les pages d’une liseuse, il n’y aura plus de doux fffffrrrrrt, avec l’odeur âcre du papier jauni d’un folio poche de Gallimard des années septante. Par contre, plus besoin de scotch pour recoller la page, ça au moins, c’est certain!

C’est effectivement le premier aspect (qui n’est pas déroutant mais frappant) : avec le Sony Reader, je ne suis plus face à un document. En lieu et place, c’est un medium qui me permet d’accéder à du contenu. Et la liseuse que j’ai choisie est entièrement orientée vers la lecture de documents électronique, à l’exclusion de toute autre fonction. Pas de joujou, pas de Tetris, pas de Farmville portable, et même pas de wifi (cela constitue d’ailleurs une pierre d’achoppement pour certains). On est a l’opposé d’une ipadisation. C’est effectivement là que se joue le combat des liseuses contre les tablettes : faut-il être hyperspécialisé ou être multitâche?

Comme le disait un autre blogueur sur http://www.techradar.com, le postulat de base est bien qu’il faut accepter le fait que la liseuse sert surtout à….lire. Sinon on sera forcément déçu.

Commençons par l’écran

Un article très intéressant ICI rappelle que l’exploit de Sony est ici d’avoir marié un écran de type E-Ink ET un écran tactile, qui sont en principe deux technologies qui s’excluent. C’est certainement pas mal (si on s’y connaît, en ingénierie du livre électronique). Mais que peut dire l’utilisateur (qui a forcément un avis beaucoup plus mordant, exigeant, capricieux qu’un constructeur de liseuse)? Il faut bien commencer par ce qui est matériel, pour ensuite s’élever dans les choses de l’esprit – Platon n’aurait pas dit mieux 😉 .

On peut utiliser un stylet (pour certains, c’est un horrible détail qui fait rebrousse-temps dans les anneés 90 – mais il y a plus d’une once de mauvaise foi dans ces propos) ou son propre doigt. Je constate que le stylet me permet d’être un peuplus précis, lorsqu’il faut travailler sur le texte lui même (double-cliquer un mot, surligner un passage, activer une zone bien délimitée…). Mais pour des actions plus globales, je peux utiliser mon doigt (le pouce ou l’auriculaire seraient tout aussi efficace, notez bien 😉 ). Moi, j’aime bien le stylet, surtout parce qu’il est en métal et je peux livrer cours à mes mauvaises habitudes : j’adore mordiller et mâchouiller tout ce qui me passe sous la main, et là je sais que mon stylet va résister – en tous cas quelques semaines…. Vous avez dit infantile? Bah oui.

 

image du stylet du reader

Résiste aux mâchoires les plus volontaires

Réactivité de l’écran? Pas trop mal. On note quand même qu’avec les doigts, l’écran tactile ne réagit parfois pas, si l’on n’a pas appuyé assez fort et avec assez de conviction. Mais d’autre fois, il suffit à peine d’effleurer l’écran pour qu’il réagisse. Il y a parfois (pas toujours) un lag. L’écran est quand même très sensible : quand on a fini de lire et qu’on range son reader dans la sacoche, il faut toujours le mettre en veille ou l’éteindre, sinon on peut être surpris en reprenant la lecture….!

Lisibilité de l’écran? C’est assez phénoménal! On peut lire avec ce reader dans des conditions de luminosités très variables, et il n’y a que très peu de reflets. On peut choisir la taille de son texte tout comme on choisit un T-shirt. Si, si. L’échelle américaine est employée ici : XS, S, M, L, XL (et on s’arrête là ^^).

Il est aussi possible de faire basculer le texte en mode paysage, mais je n’ai pas été très convaincu jusqu’à présent (le défilement des pages est plus perturbant, et la mise en page en mode justifié joue des tours au texte). Un bug amusant sur certains documents PDF : il arrive que le texte affiché sous la taille XS soit un peu plus grande que la taille S pour une raison obscure qui m’échappe.

Rafraîchissement de la page? Le tout premier aspect qui peut choquer avec une liseuse, dotée d’un écran E-ink, c’est bien ce curieux phénomène du glitch. A savoir qu’en tournant une page, l’écran clignote (passe du fond blanc à un fond noir puis blanc à nouveau). Ce phénomène ne dure qu’un quart voire une demi seconde, mais j’ai été moi-même surpris de voir à quel point on s’y habitue en fait très vite. En fait, le glitch est même un repère qui peut me rassurer, et je me dis in petto « ah ben oui, j’ai tourné la page, l’écran a réagi« . Plutôt que des paroles voici des faits :

OK, l’image est calamiteuse, et j’ai même réussi à infliger un reflet sur l’écran du Sony (chose qui n’arrive pas si souvent), mais je voulais juste vous montrer à quoi peut bien ressembler un glitch…

Et le métal dans tout ça? Autre particularité de Sony : par rapport aux autres liseuses qui sont essentiellement constituées de coques en plastiques, Sony a opté pour une solution en métal. Ce n’est pas si anodin car ça donne une certaine solidité à la liseuse – qui reste malgré tout légère : je peux lire en la tenant, sans ressentir tout de suite une fatigue quelconque.

La taille, c’est important. Si. Si. La chose qui me plaît le plus dans le Sony Reader, c’est qu’il tienne (tout juste, mais sans forcer) dans une seule main. Je peux me balader avec, lire dans le train, puis le glisser rapidement dans ma sacoche. En terme de poids, c’est une grosse différence, par rapport aux gros bouquins hardcover en anglais qui sont décourageants à transporter et à lire. Et vous, vous avez essayé de tenir un ipad dans une seule main? Sérieusement? (juste une petite pique aux dépends des adeptes du Mac ^^ ).

Et ça c’était pour les premières impressions….mais on n’a pas encore vraiment parlé de la lecture elle-même et des applications/fonctionnalités spécifiques du Sony Reader…alors ce sera pour un prochain billet ^^ .

En attendant, pour avoir un florilège d’images, même pour les non-anglophones, ce billet truffé de photos devrait déjà être plus éclairant que toute la verbosité de ce billet de blog-ci 😉 :

14 novembre 2010 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | 2 commentaires

S’il te plaît, dessine-moi une liseuse

Un flash-back pour commencer:

Les camarades de classe s’en souviennent peut-être ; dans le crachin du mois de novembre 2007, Amazon bombait le torse et dévoilait en grande pompe son Kindle.

A l’époque, je dois dire que je ressentais, intérieurement, comme un nœud dans l’estomac ; où était ce bon vieux univers de papier qu’on m’avais promis? Qu’est-ce que je pouvais faire devant cette déferlante numérique? Qu’est-ce que font les bibliothèques dans cette galère? En même temps, ça restait une perspective lointaine, encore réservée à une élite d’outre-Atlantique.

Depuis, presque trois ans ont passé. Amazon a certes ouvert le bal, mais la guerre des liseuses fait rage. Un sympathique article du journal Le Temps est venu fort à propos ; on peut le consulter avec profit et constater que s’y côtoient le Kindle, le Cybook, le surmédiatisé ipad, et….le Sony Reader. Et surtout…en Suisse, on peut désormais de plus en plus facilement se procurer une liseuse, même si elles n’ont pas encore vraiment pignon sur rue.

(à noter que Le Temps retarde un peu : il parle de l’édition PRS-600 du Sony Reader alors que la toute dernière version, et qui est celle que je traite ci-dessous, est la PRS-650, ce qui est une nuance importante puisque cette dernière mouture amène un certain nombre d’améliorations).

Alors, il ressemble à quoi ce machin?

Quelques remarques purement physiques :

  1. Il tient dans une seule main, avec une envergure de 11.8 cm.
  2. Il est pourvu d’une coque en métal – qui lui donne un aspect très « solide »
  3. Cinq boutons aux fonctionnalités très claires (a. page en arrière, b. page en avant, c. Retour au menu principal, d. Zoom, e. Options)
  4. Un écran tactile assez sensible, et qui est basé sur l’E-ink (le « papier électronique », qui équipe aussi des concurrents de Sony : le Kindle, et le Nook). L’écran tactile permet à son tour de tourner les pages, de prendre des notes, de sélectionner des passages, de choisir et définir des options supplémentaires.
  5. Par contre (et c’est là que se déclenchent beaucoup de hauts cris : il n’y a pas de connexion wifi intégrée dans la liseuse, alors que c’est justement le cas pour le Kindle, le Nook et le Cybook, entre autres)
  6. Il se recharge…via une prise USB! Cela veut tout simplement dire que le Sony Reader est conçu pour évoluer dans un rapport de proximité immédiate avec un ordinateur.

Au cas où vous auriez oublié à quoi ressemble la bête (cf. article précédent), voici une nouvelle photo 🙂 :

Exemple de lecture possible sur le Sony Reader

Un dernier détail purement cosmétique : on peut l’acheter en noir, en blanc ou en rouge/rose, selon vos goûts. Moi, j’ai choisi noir, le blanc c’est trop salissant – le carrelage de ma cuisine est un vivant rappel de cette réalité chromatique que je subis douloureusement chaque jour 😉 ).

Fort bien, et qu’est-ce que ça donne, de lire sur un support pareil? ça on le verra dans un prochain épisode 🙂

Post-scriptum terminologique : en anglais, on parle de reader, mais en français on tend parfois à adopter le terme de liseuse (proposé par Virginie Clayssen). Bon, on n’ose pas parler de Sony Liseuse par contre 😉 .

31 octobre 2010 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , | Laisser un commentaire

Le doux froissement du papier électronique se fait entendre en Suisse

Emotion.

Depuis le temps que j’en entendais parler. Depuis le temps qu’on me bassinait avec ça.

Depuis le temps que j’enrage devant ces high-techies anglophones qui ont l’insigne « chance » d’être à la pointe de la technologie.

Alors, quand j’ai appris que Sony allait diffuser son nouveau reader et qu’il serait disponible en Suisse, j’ai cru devenir fou. Métamorphosé en un pur animal compulsif, j’ai sorti ma carte et, avant qu’aucun neurone  rationnel n’ait eu le temps d’intervenir en catastrophe, la commande était passée!

Mais de quoi on parle, là?

(bombant le torse, bourré de fierté à en éclater) : du SONY READER PRS 650 TOUCH EDITION (et je me retiens de crier, là….)!

Une divine image du Sony Touch Edition ^^

Le graal absolu

Toutefois, l’inévitable question (aux relents de rabat-joie) finit par s’élever :

Est-ce que ça vaut vraiment la peine de s’exciter pour ça?

Oui et non. On peut discuter 😉 . Après trois semaines d’utilisations, j’avais envie de vous faire partager mon expérience d’utilisateur, dans les billets qui vont suivre 🙂 . Idéalement (on verra s’y j’y arrive mais pourquoi pas?) ; je vais y aborder les points suivants :

1. La machine elle-même – sous l’angle expérience utilisateur

2. Une réflexion sur les ebooks et leur sources de production

3. L’écosystème impitoyable des readers et l’avenir (ou non) de ce type de produit

S’il y en a parmi vous qui lisent déjà sur des readers, je serais absolument ravi d’avoir votre avis à vous ^^ 🙂

28 octobre 2010 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | | Laisser un commentaire

La magie des post-it

ça colle. Pas trop, mais quand même.

C’est censé être un remède (pour lutter contre une mémoire qui tend toujours joyeusement à défaillir).

ça se veut personnel (transmettre un petit mot à sa copine).

Mais non!

Un soir glauque, dans l’air automnal, dans un wagon d’arrière-train déserté, avec un trop vaste choix de banquettes sans suspense pour un pendulaire blasé, ayant l’habitude de jouer des coudes contre les grands-mères et de souffler la dernière place du wagon à un souffreteux à béquilles, en ricanant méchamment. Aucune justification n’est nécessaire pour lui, sauf celle opportunément offerte par The Origin of Species. Et le plaisir sans cesse renouvelé de compétitionner. Ah, l’adrénaline vivifiante du direct de 07H17 à Lausanne lui manque tellement ; une bouffée de nostalgie manque presque de l’étouffer. Mais il faut choisir une place, sans gloire cette fois-ci.

Le pendulaire guerrier, le teint las, se retourne.

Ceci.

Un post it dans un train

Post-it décontextualisé

C’est gagné. Un sourire se fraie dans les traits de celui qui se pensait blasé au dessus de tout. Le pendulaire comprend que tout objet peut être détourné. Qu’on a le droit de gentiment créer un peu d’absurdité. Que l’espace public est un jeu, un terrain d’expression. Et – ça n’a rien à voir mais c’est concomitant à cette vision – le pendulaire ne donnera peut-être pas de coup de coude, la prochaine fois qu’il montera dans un train. Il préfère dès lors ouvrir les yeux. Parce que la créativité se niche partout et nulle part.

21 octobre 2010 Posted by | Cri sur le mur | | Un commentaire

Poésie participative à Saint-François

Contrairement à ce qui peut se passer ailleurs (comme à Vevey, à la Saint-Martin, où les graffitis n’avaient aucun sens sinon le fait de s’affirmer et de salir délibérément un lieu sacré et historique), j’apprécie lorsqu’il y a un jeu intéressant qui se crée ; une forme de connivence entre un lieu – et un regard décalé, qui le transforme, lui donnant un sens supplémentaire.

Oui, c’est trop théorique ; c’est bien pour cela qu’une image vaut mille mots :

un véritable anneau lié à une illustration

Jeu entre l'existant et l'imaginé

J’aime bien, c’est sans prétention, ça a pour but de faire rire et l’auteur ne se met pas du tout en avant ; il est caché derrière son œuvre (ce n’est peut-être pas si courant que ça). Et, finalement, je trouve qu’il y a décidément une touche poétique qui parvient à relier des éléments qui ne relèvent pas de la même dimension (entre deuxième et troisième, il y a tout de même un monde!).

Mh, une petite hésitation herméneutique : est-ce qu’il s’agit d’un fantôme de Pacman? En tous cas c’est une interprétation que je suis très tenté de faire..

Accessoirement, si je ne me trompe pas, on est ici accolés à un bâtiment historique, qui me laisse supposer que l’utilité (au premier degré) de l’anneau devait bien être d’attacher un cheval, par les rênes (bien sûr!).

3 juin 2010 Posted by | Cri sur le mur | , | Un commentaire