Farfouille

zigzags en dilletante

Pas de ffffrrrt, mais du glitch

Il faudra s’y faire

Les esprits chagrins s’en doutaient certainement : pour tourner les pages d’une liseuse, il n’y aura plus de doux fffffrrrrrt, avec l’odeur âcre du papier jauni d’un folio poche de Gallimard des années septante. Par contre, plus besoin de scotch pour recoller la page, ça au moins, c’est certain!

C’est effectivement le premier aspect (qui n’est pas déroutant mais frappant) : avec le Sony Reader, je ne suis plus face à un document. En lieu et place, c’est un medium qui me permet d’accéder à du contenu. Et la liseuse que j’ai choisie est entièrement orientée vers la lecture de documents électronique, à l’exclusion de toute autre fonction. Pas de joujou, pas de Tetris, pas de Farmville portable, et même pas de wifi (cela constitue d’ailleurs une pierre d’achoppement pour certains). On est a l’opposé d’une ipadisation. C’est effectivement là que se joue le combat des liseuses contre les tablettes : faut-il être hyperspécialisé ou être multitâche?

Comme le disait un autre blogueur sur http://www.techradar.com, le postulat de base est bien qu’il faut accepter le fait que la liseuse sert surtout à….lire. Sinon on sera forcément déçu.

Commençons par l’écran

Un article très intéressant ICI rappelle que l’exploit de Sony est ici d’avoir marié un écran de type E-Ink ET un écran tactile, qui sont en principe deux technologies qui s’excluent. C’est certainement pas mal (si on s’y connaît, en ingénierie du livre électronique). Mais que peut dire l’utilisateur (qui a forcément un avis beaucoup plus mordant, exigeant, capricieux qu’un constructeur de liseuse)? Il faut bien commencer par ce qui est matériel, pour ensuite s’élever dans les choses de l’esprit – Platon n’aurait pas dit mieux 😉 .

On peut utiliser un stylet (pour certains, c’est un horrible détail qui fait rebrousse-temps dans les anneés 90 – mais il y a plus d’une once de mauvaise foi dans ces propos) ou son propre doigt. Je constate que le stylet me permet d’être un peuplus précis, lorsqu’il faut travailler sur le texte lui même (double-cliquer un mot, surligner un passage, activer une zone bien délimitée…). Mais pour des actions plus globales, je peux utiliser mon doigt (le pouce ou l’auriculaire seraient tout aussi efficace, notez bien 😉 ). Moi, j’aime bien le stylet, surtout parce qu’il est en métal et je peux livrer cours à mes mauvaises habitudes : j’adore mordiller et mâchouiller tout ce qui me passe sous la main, et là je sais que mon stylet va résister – en tous cas quelques semaines…. Vous avez dit infantile? Bah oui.

 

image du stylet du reader

Résiste aux mâchoires les plus volontaires

Réactivité de l’écran? Pas trop mal. On note quand même qu’avec les doigts, l’écran tactile ne réagit parfois pas, si l’on n’a pas appuyé assez fort et avec assez de conviction. Mais d’autre fois, il suffit à peine d’effleurer l’écran pour qu’il réagisse. Il y a parfois (pas toujours) un lag. L’écran est quand même très sensible : quand on a fini de lire et qu’on range son reader dans la sacoche, il faut toujours le mettre en veille ou l’éteindre, sinon on peut être surpris en reprenant la lecture….!

Lisibilité de l’écran? C’est assez phénoménal! On peut lire avec ce reader dans des conditions de luminosités très variables, et il n’y a que très peu de reflets. On peut choisir la taille de son texte tout comme on choisit un T-shirt. Si, si. L’échelle américaine est employée ici : XS, S, M, L, XL (et on s’arrête là ^^).

Il est aussi possible de faire basculer le texte en mode paysage, mais je n’ai pas été très convaincu jusqu’à présent (le défilement des pages est plus perturbant, et la mise en page en mode justifié joue des tours au texte). Un bug amusant sur certains documents PDF : il arrive que le texte affiché sous la taille XS soit un peu plus grande que la taille S pour une raison obscure qui m’échappe.

Rafraîchissement de la page? Le tout premier aspect qui peut choquer avec une liseuse, dotée d’un écran E-ink, c’est bien ce curieux phénomène du glitch. A savoir qu’en tournant une page, l’écran clignote (passe du fond blanc à un fond noir puis blanc à nouveau). Ce phénomène ne dure qu’un quart voire une demi seconde, mais j’ai été moi-même surpris de voir à quel point on s’y habitue en fait très vite. En fait, le glitch est même un repère qui peut me rassurer, et je me dis in petto « ah ben oui, j’ai tourné la page, l’écran a réagi« . Plutôt que des paroles voici des faits :

OK, l’image est calamiteuse, et j’ai même réussi à infliger un reflet sur l’écran du Sony (chose qui n’arrive pas si souvent), mais je voulais juste vous montrer à quoi peut bien ressembler un glitch…

Et le métal dans tout ça? Autre particularité de Sony : par rapport aux autres liseuses qui sont essentiellement constituées de coques en plastiques, Sony a opté pour une solution en métal. Ce n’est pas si anodin car ça donne une certaine solidité à la liseuse – qui reste malgré tout légère : je peux lire en la tenant, sans ressentir tout de suite une fatigue quelconque.

La taille, c’est important. Si. Si. La chose qui me plaît le plus dans le Sony Reader, c’est qu’il tienne (tout juste, mais sans forcer) dans une seule main. Je peux me balader avec, lire dans le train, puis le glisser rapidement dans ma sacoche. En terme de poids, c’est une grosse différence, par rapport aux gros bouquins hardcover en anglais qui sont décourageants à transporter et à lire. Et vous, vous avez essayé de tenir un ipad dans une seule main? Sérieusement? (juste une petite pique aux dépends des adeptes du Mac ^^ ).

Et ça c’était pour les premières impressions….mais on n’a pas encore vraiment parlé de la lecture elle-même et des applications/fonctionnalités spécifiques du Sony Reader…alors ce sera pour un prochain billet ^^ .

En attendant, pour avoir un florilège d’images, même pour les non-anglophones, ce billet truffé de photos devrait déjà être plus éclairant que toute la verbosité de ce billet de blog-ci 😉 :

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14 novembre 2010 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | 2 commentaires