Farfouille

zigzags en dilletante

expérience de lecture

Deux mois de lectures sur un support numérique. Et qu’est-ce que ça donne? Réponse en trois temps.

Avant la lecture

Batterie : Au départ, il faut charger le Sony Reader sur un ordinateur (grâce à une mini-prise USB). Le chargement est assez long puisqu’il faut compter un peu moins de 3 heures pour que la batterie de la liseuse soit pleine.

L’intermédiaire : La question la plus essentielle survient tout de suite : comment charger des fichiers numériques sur la liseuse? Après avoir téléchargé des fichiers numériques il faut les stocker dans un service qui se chargera ensuite de les insérer dans la liseuse. Deux solutions s’offrent à nous : d’abord, la voie « officielle » : Reader Library. C’est avec cette solution que l’on pourra notamment exporter les notes et les remarques que l’on aura pu griffoner sur la liseuse. Elle offre aussi différents « Store » pour acheter des livres – mais qui se distinguent spécialement par leur inintérêt : il n’y a presque que des livres en allemand!

Reader Library

Reader Library : une solution un peu trop sommaire

Il suffit de faire un mini-tour sur le web pour se rendre compte que les adeptes de liseuses ne jurent que par Calibre : un logiciel libre léger qui permet également de gérer les fichiers numériques téléchargés ET (c’est là que ça devient intéressant pour les bibliothécaires 🙂 ) d’y ajouter facilement des métadonnées!

Calibre

La preuve que le libre, c'est bien : Calibre!

Lorsqu’on télécharge des epub, on constate souvent qu’il y a des erreurs ou des incohérences dans les métadonnées (auteur, titre, image de couverture manquante, et ainsi de suite). C’est tout l’intérêt de Calibre de pouvoir corriger ces informations et de classer au préalable le fichier numérique dans un dossier (qui sera synchronisé avec le Sony Reader). Pratiquement, il faut procéder aux étapes suivantes :

1. Télécharger un livre numérique (sur le portail du projet Gutenberg, par exemple). Recommencer l’opération autant de fois qu’on veut 🙂 .

2. Lancer Calibre et rechercher le (ou les) fichier numérique (dans le dossier des téléchargements, par exemple), qui sera ensuite stocké dans un dossier propre à Calibre. On pourra ouvrir au préalable le fichier pour être sûr qu’il soit lisible (il arrive en effet que l’on ait des mauvaises surprises).

3. Connecter le Sony Reader à l’ordinateur via un port USB.

4. Déverser les fichiers numériques dans le Sony Reader via l’interface de Calibre

5. Lire les documents tranquillement ^^ .

C’est assez simple, mais c’est sûr que cela s’adresse à des habitués du numérique (des digital natives ou au moins des digital immigrants 😉 ). Calibre est aussi intéressant pour convertir des fichiers (du pdf à l’epub ou inversement). Bref c’est un outil de travail assez complet qui permet de préparer le document à une lecture sur le Sony Reader.

Le choix des lectures

Le Sony Reader accepte aussi bien les fichiers PDF que les epub. Maintenant, le lecteur est à la croisée des chemins :

a) Les livres numériques gratuits : il existe plusieurs plateformes qui permettent de télécharger les livres tombés dans le domaine public (et qui sont donc exempts de DRM – Digital right management). Il s’agit par exemple de Feedbooks, Manybooks, le projet Gutenberg et (bien entendu) Google Books. On aura donc accès – plus ou moins – aux livres publiés depuis les débuts de l’imprimerie jusqu’au début du 20e siècle (en principe………………….). Il est spécialement intéressant de retrouver les classiques du 19e (Mme Bovary de Flaubert, Zola, les sœurs Brontë et j’en passe). Mais toutes ne se valent pas pour la qualité des fichiers numériques que l’on y trouve (et ça, c’est un bon sujet pour un autre billet de blog 😀 ). En tous cas, on n’a plus d’excuses pour se cultiver!

mme bovary

- Bonne nouvelle ma gente dame, vous avez été numérisée! ^^

b) Les livres numériques sous copyright. Alors là, il n’y a pas photo. Déjà parce qu’il faut payer. Disons le tout de suite, c’est la croix et la bannière. Il y a des éditeurs assez gonflés pour penser qu’il est encore possible de vendre des ebooks de façon locale alors qu’internet ne connaît pas de frontière, comme chacun (censément) le sait. Exemple concret : Je recherche la trilogie de Joe Abercrombie (c’est de la Fantasy, et j’aime ça ^^). Comme je suis à la base quelqu’un d’honnête, je voudrais acheter l’ebook (aussi par curiosité : pour voir comment sont gérés les DRM). Or je deviens totalement dépité quand je découvre sur différents sites qu’il me faut être AMERICAIN pour avoir le droit d’acheter un ebook. Puis je tombe sur une ABSURDITE TOTALE : un livre numérique out of stock ( = épuisé!). Finalement, la seule manière de pouvoir me le procurer, c’est de passer par un tracker bittorent, et de le télécharger en un clin d’œil. Et voilà! C’est dire qu’avec ces contraintes absurde, le monde de l’édition est sur la même pente que les majors pour la musique….A la base, je suis toujours ouvert à l’idée d’acheter des livres électroniques, mais ce type de contrainte me refroidit assez (sans parler du prix qui est largement surfait – en milieu francophone -). Un autre problème des DRM, c’est qu’ils n’autorisent (apparemment) pas plus de 6 copies du même fichier. Il suffit de réfléchir deux secondes pour se rendre compte qu’en important/exportant votre fichier sur un support puis un autre, vous épuisez très rapidement ce droit à ces 6 copies….

Et la lecture elle-même?

Alors là, autant le dire tout de suite : je suis pas mal content 🙂 .

 

bain de livres

OK, là, ce serait un peu dangereux pour un livre électronique

  • Transporter une liseuse avec moi en permanence, cela prend nettement moins de place dans mon sac, et cela se ressent au long cours.
  • Comme je lis beaucoup en anglais (une condition sine qua non, si l’on s’intéresse aux livres numériques. Si vous allez sur la seule plate-forme helvétique vendant des ebooks, on ne peut qu’être déçu par le choix qui nous est proposé), je suis très content du dictionnaire anglais-français qui est intégré dans le Sony Reader : il me suffit de cliquer sur un terme pour en avoir la traduction. C’est même cette option qui m’a définitivement fait craquer en achetant ce Sony Reader.
  • Quand je ferme puis ré-ouvre le livre, il affiche la page à laquelle je l’avais quitté. Très confortable. Par contre, le démarrage de la liseuse est un peu long : entre le moment où j’allume le reader, et le moment où je peux lire, il se déroule environ 25-30 secondes. Évidemment, cela va plus vite si on laisse l’écran en veille au lieu d’éteindre la liseuse. Comme je l’ai déjà dit, je me suis très vite habitué au glitch qui survient au défilement des pages.
  • Concernant l’autonomie : je confirme. Le reader peut durer deux semaines (et même plus) sans qu’on le recharge une seule fois. Mais cela à condition d’éteindre systématiquement le reader lorsqu’on ne l’utilise pas. Si on le laisse allumé en permanence, après 5 jours, la batterie arrive déjà au bout (ce qui est une durée analogue à celle de mon petit natel nokia).
  • Il y a par contre des options « secondaires » qui ne sont pas  particulièrement intéressantes : la prise de note, et la possibilité de gribouiller sur les pages ne m’ont pas convaincu. C’est un processus laborieux. Rechercher des termes est une option intéressante (par exemple, si on retrouve un personnage secondaire dans une intrigue et si on ne se rappelle plus dans quelles circonstances il a fait son apparition), mais limitées (il n’y a pas d’indication du nombre d’occurences du terme recherché dans l’ensemble du livre).
  • Autre option inutilisable pour moi : écouter de la musique durant la lecture 😉 (eh oui, on peut aussi télécharger des MP3 dans le Sony Reader).

Et pourtant, je suis très content de mon investissement 😀 – mais soyons honnêtes : le Sony Reader m’a coûté 299 CHF (prix de lancement), il faut bien que je le rentabilise en l’utilisant au maximum, ce qui induit certainement un biais favorable de ma part envers cette liseuse. Son prix actuel est à 349 CHF – ce qui est certainement trop cher par rapport à ce qu’on peut en faire. Mais il s’agit bien  – toutes les critiques s’accordent là-dessus- d’un reader haut de gamme particulièrement confortable pour la lecture. Et c’est vrai! Je peux le lire très confortablement dans différentes situations : dans le train, allongé sur un fauteuil ou – et c’est cela le plus formidable – pendant que je mange! Eh oui, d’habitude, je devais me battre comme un fou pour maintenir un livre (spécialement les livres de poche) ouvert pendant que de l’autre main, j’essaie d’enfourner de la nourriture….

eating AND reading AND writing

plus besoin de tenir la page pendant qu'on mange avec un Sony reader ^^

Ce qui est particulièrement formidable, c’est ce sentiment de transporter une bibliothèque dans une petite sacoche 🙂 . Cependant….malgré cela, j’ai quand même la conviction que ce Sony reader est atteint du syndrome du tigron. On en reparlera dans un autre billet ^^ .

26 novembre 2010 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , | Laisser un commentaire