Farfouille

zigzags en dilletante

postanarchisme

Finalement, ce n’est pas très simple de trouver des choses intéressantes accrochées au mur (certainement parce que les sentiers battus ne sont pas fait pour ce type de découvertes).

Mais quand même. A Vevey, ces jours, il y a une résurgence très soft et ironique de l’anarchisme, avec le slogan exclamatif que voici :

graffiti intitulé "Anti tout!"

ironie - mais ou est la conviction?

Évidemment, on est très loin de la hargne énergétique de Bakounine. Encore une fois, on se retrouve heurté par un mur sémiotique : si le message est parfaitement lisible – d’un point de vue technique – le geste même nous échappe. Pourquoi cela? Pourquoi ici?

Ce que l’on peut seulement faire, c’est sourire devant l’auto-dérision de la main qui la sprayée : bien sûr qu’être contre tout est une posture absurde et son auteur n’y croit pas une seconde. C’est un peu une variante postmoderne du graffiti : celui-ci n’exprime aucune conviction, seulement une pointe d’humour mais qui cache mal un vide terrible : qu’est-ce qui peut être digne d’une cause, pour que l’on la proclame fièrement, pour qu’on l’écrive au vu et au su de tous?

Rien visiblement.

[cela reste évidemment hautement spéculatif]

10 mai 2010 Posted by | Cri sur le mur | , , | Laisser un commentaire

Capacité de corrélation

On parle pas mal de violence conjugale ces derniers temps – en effet c’est une cause nationale en France – mais malgré la gravité du sujet je n’ai pas pu réprimer un rire incrédule en traversant la route dans une rue de Genève :

 

Deux panneaux : l'un sur la violence conjugale, l'autre sur l'héritage

Association malheureuse

D’accord, ce n’est pas un graffiti, mais j’ai trouvé l’association d’idées assez parlante – même si la volonté d’interpeller est ici – bien involontaire. Accessoirement, on observera que si la publicité de gauche me frappe (si j’ose dire) par son intelligence et la manière épurée, pudique (mais franche), lesquelles permettent d’exprimer en creux les drames qui peuvent se jouer chaque jour dans les foyers, autant la publicité de droite est d’une bêtise atterrante dans sa formulation et dans sa présentation.

Pour moi, cela me fait plaisir de voir qu’il vaille toujours la peine de lever les yeux loin de ses propres semelles et d’observer attentivement un environnement que l’on croit trop familier pour être digne d’intérêt (à savoir : le quartier de Montbrillant).

4 mai 2010 Posted by | Cri sur le mur | , | Laisser un commentaire

Lausanne, ville de graffitis

L’autre jour, en prenant le M2 – qui a décidément un air parisien, surtout en sortant de stations portant des noms composés, tentant de marier à la fois la toponymie locale et une figure censée être marquante, comme l’est Riponne-Maurice-Béjart ; cela évoque tout d’un coup des Richard-Lenoir, Quai Branly, Bel-Air (celui-ci m’a fait marrer, c’est un véritable passe-partout qu’on trouve aussi à Genève ^^ en plus de Lausanne et Paris), Boulogne-Billancourt et ainsi de suite… –

[N.B. : je ne sais plus du tout comment rattraper ma phrase :-/ . Petite note interne : penser à perfectionner ma grammaire française et cesser de vouloir imiter Marcel P. qui est de toute façon un modèle très hétérodoxe même si ce préfixe n’est pas très bien adapté à ses choix intimes et personnels – BREF PASSONS]

Donc j’ai croisé ce message qui ne peut qu’interpeller :

Inscription : "BAISE MOI J SUIS FRANCAIS"

Référence à la sexualité et à l'altérité : un exemple édifiant

La question est : comment interpréter ce message? Bon, sans être exagérément pédant, je trouve que c’est un exercice passionnant puisqu’on est obligé d’imaginer un contexte qui ait provoqué la création de cette accroche…Quelqu’un s’est-il fait piquer son travail/sa femme/autre chose par un Français?

[N.B. : on aura remarqué la force des stéréotypes dans ma réflexion puisque j’extrapole – par la violence langagière employée – en supposant qu’il s’agit d’un homme. Cependant le type d’écriture me semble confirmer cette hypothèse ^^)].

Bref, j’aime toujours ces surprises textuelles qui font sourire (in/volontairement). J’espère qu’il y en aura beaucoup en 2010 à faire partager! 🙂

16 janvier 2010 Posted by | Cri sur le mur | , | Laisser un commentaire

Mur collaboratif?

L’orthographe c’est comme un lance-flamme.

Il suffit d’ajouter une petite lettre de rien du tout (disons : un « s ») pour humilier publiquement quelqu’un.

Hop, un petit exemple glané autour de la Riponne lausannoise :

collaboratif indésiré

collaboratif indésiré

Une variante de la loi du talion y est exprimée (plutôt que la règle d’or, vu le ton légèrement vindicatif) :

Vous voulez comment je vous traite[s]? ça dépend comment vous me traitez

Un petit malin y rajoute son grain de sel…en l’occurrence un petit « s ». Même si l’intention est parfaitement mesquine, c’est en tous cas la preuve que l’interpellation a fonctionné…

…et le lance-flamme se retourne contre son auteur : la correction était parfaitement inutile et contre-productive d’un point de vue grammatical!!!!

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19 octobre 2009 Posted by | Cri sur le mur | , | Laisser un commentaire

Free or unfree information?

Télécharger c’est méchant. C’est abominable, certes ^^ .

Mais on tombe parfois sur de jolies choses. En piochant un peu par hasard dans mon flux RSS pour les fichiers Comics partagés sur Pirat Bay ou Demonoid (oui, j’ai appris à manier un Bittorrent et j’en suis fier, tel un Artaban).

Et je suis tombé sur une série pas mal, plutôt parodique, grinçante, dont le titre est simplement « Man eating Cow » – et qui a l’air de faire partie d’une plus grande série intitulée « Tick comics ». En la parcourant d’un oeil amusé, je suis tombé sur la vignette ci-dessous :

Citation à méditer

Citation à méditer

ça m’a interpellé, d’autant plus que je venais just de downloader ce comics. Mais je dois avouer que sans Bittorrent, je n’aurais jamais été mis au courant de cette série…et cela fait partie d’un marché dans lequel je vais certainement finir par acheter quelques de leurs produits….

Alors je continuerai à lire en liberté, na.

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8 juin 2009 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , , | Laisser un commentaire

Mr Bing

Ainsi donc, Microsoft va nous sortir un nouveau moteur de recherche censé être plus crédible que la tambouille que LiveSearch avait l’habitude de nous servir.

Et ce moteur a un nom rigolo.

Ce n'est pas tout de rebondir, il faut savoir où on veut aller

Ce n'est pas tout de rebondir, il faut savoir où on veut aller

A part ça, l’actualité est assez chaude en ce moment puisqu’on parle aussi d’un certain Wolfram Alpha qui est un peu spécial puisqu’il est spécialisé dans la fourniture de données officiellles (nombre d’habitants d’une ville, éléments biographiques factuels) et….qui est surtout capable de résoudre en un rien de temps une équation mathématique comme une calculatrice avec fonction intégrée. Essayez donc 4x + 5y +25 = 0 et vous verrez le résultat…

Et il y a bien sur le Google Wave…c’est dingue comme tout le monde communique en même temps sur son moteur de recherche. Attendons un peu pour voir ^^ .

1 juin 2009 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | Laisser un commentaire

Créativité universitaire

L’UNIL est un environnement sociologique absolument passionnant ; oh pas forcément dans les auditoires. Je suis persuadé qu’une personne qui traîne quelques minutes dans une cafétéria en buvant à petites gorgées un café peuchère (d’excellente qualité le matin, infecte dès 15H, pour des raisons qui m’échappent), si elle laisse traîner ses oreilles, elle pourra facilement surprendre des discussions assez originales.

Mais bon, ce n’est pas pour moi, puisque mes oreilles refusent hermétiquement de s’ouvrir à ce genre…Mais cette légère frustration s’évapore en chemin vers…les toilettes.

Eh oui, dans l’intimité des WC, la liberté d’expression prend tout son sens…de l’humour scato peu fin, certes, mais aussi des perles. Ou des sentences qui font sourire. Un exemple? Dans les toilettes de la BCU, on trouve ceci :

Tordu, isn't it?

Tordu, isn't it?

Un mea culpa : la luminosité n’étant vraiment pas optimale, j’ai dû recourir au flash, avec l’effet de miroir qui en résulte sur ce mur (encore) assez blanc…L’interprétation est assez tordue, mais je penche quand même pour la version salace. Cependant, pour une fois, je trouve que c’est assez subtil. Et ça fait sourire.

On remarquera que le format du carrelage qui recouvre les murs des WC permet de structurer les textes (souvent une lettre par case…sauf justement dans le cas qui nous occupe ci-dessus, il est vrai).

30 mai 2009 Posted by | Cri sur le mur | , , | Laisser un commentaire

Mon premier colloque

Oh, n’exagérons pas. Avec quelques courageuses collègues de la HEG, on avait été invités à d’assister à un après-midi consacré au thème de la numérisation dans les bibliothèques. Pour la présentation du menu qui nous était proposé, c’est par là que ça se passe.

Au programme, une batterie de présentation non-stop entre 14H15 et presque 17H. A noter, que même si c’est sympa d’y assister dans les locaux de la BCU ce n’est quand même pas optimal ; il faisait chaud, il n’y avais pas de micro (sauf erreur?), et on se retrouvait toutes (je mets au féminin ^^) repoussées au fond de la salle à tendre l’oreille et à plisser les yeux. Le débat à la fin – intéressant, soit dit en passant – en aurait notamment gagné en qualité. Il me semble qu’une salle de cours de l’uni aurait mieux convenu, même si en termes d’image pour la BCU c’est probablement moins bon.

Bref, avançons. Plutôt que de commenter chaque présentation (il y en a eu 9 en tout et pour tout!!), je préfère en retenir les points suivants :

  • Le très synthétique (et efficace)  rappel historique sur les projet de numérisation dans les  bibliothèques présenté par l’ancien directeur de la BCU, Hubert Villard et qui énumère à la pelle les enjeux multiples de la numérisation : droit d’auteur, financement, statut du document numérique (est-ce un document de conservation?), métadonnées, niveau d’accessibilité (gratuit/payant?), pérennité des formats et caetera..
  • Souci constant au niveau de l’attribution des métadonnées (notamment sur le plan multilingue – ce qui est particulièrement critique dans la très quadrilingue Suisse). Par contre, je dois avouer que je n’ai pas très bien saisi comment on le fait…
  • Souci au niveau de la visibilité des projets de numérisation (au point que, durant le débat qui a eu lieu après ces présentations, la question d’un portail à destination du grand public a été longuement discutée…mais on ne peut pas vraiment dire que des solutions aientété avancées)
  • Et, ce que j’attendais tout particulièrement, c’était ce qu’allait dire la BCU sur son propre projet de numérisation en partenariat avec Google (puisque je me rappelais – de manière tout à fait subjective – à quel point ils étaient contents d’être la première bibliothèque francophone à franchir le pas en mai 2007). Eh bien, j’ai été surpris en bien de l’honnêteté qu’ils ont eu à dire que tout n’était pas parfait. Trois problèmes sont ainsi relevés : a) les livres d’avant 1800 sont très mal OCR-isés. b) Les résultats de recherches ne sont pas encore bons – notamment pour les livres publiés en plusieurs volumes. c) les critères de google pour la numérisation sont très stricts puisqu’ils retournent une partie des livres sans les numériser (livre trop volumineux, trop contraignants à numériser de façon massive).

Avis personnel concernant ce dernier point : on voit quand même très bien qu’une bibliothèque qui numérise avec Google n’est pas du tout en position de force pour affirmer ses exigences en matière de numérisation ; elle ne peut qu’accepter les conditions qui lui sont proposée en échange de la gratuité du service. Qui paie, commande, bien sûr…

Alors, finalement, j’ai bien apprécié ce colloque même s’il n’y avait pas ensuite de petit apéro pour se remettre de ce marathon de paroles 😉 . En même temps, ça m’a donné l’impression d’un petit biotope où presque tout le monde semble se connaître plus ou moins.

Pour conclure, un des participants du colloque a dit de façon frappante (je reformule avec mes propres mots) :

Nous sommes tous d’accord sur ce qu’il faut faire, mais dès qu’il s’agit de parler fric/financement, c’est chacun pour soi!!

A méditer, donc…

P.S. : En fait, ce que j’ai dit concernant les portails n’est pas totalement juste : il existe déjà un portail pour les manuscrits numérisés dans différents centres documentaires en Suisse. Il s’agit du projet e-codices, qui avait également été présenté cet après-midi là. A ce propos, je n’ai pas très bien compris pourquoi est-ce que l’Abbaye de Saint-Maurice (qui a un très beau projet, également) ne s’est pas (en tous cas, pour le moment) intégrée dans ce projet?

4 avril 2009 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , | Laisser un commentaire

De l’expressivité d’un arrêt de bus

Corsier, ça ne m’évoque pas Chaplin – si c’était le cas, ça voudrait signifier que je serais un touriste.

Non, quand j’y pense, c’est forcément à l’arrêt de bus.

Ah, tiens le voilà :

au lieu dit "les terreaux"

au lieu dit "les terreaux"

C’est un endroit morne, coincé entre le pont de Gilamont et la route de Châtel ; le Grammont et les Dents du midi font ce qu’ils peuvent pour égayer les lieux.

Et là, des générations d’élèves y font le pied de grue jusqu’à ce que le bus scolaire veuille bien daigner s’y arrêter.

Le Tippex est le spray du pauvre ; mais il est formidablement efficace sur les vieilles planches en bois d’un brun très fonçé. Et ça donne ceci :

morceau d'inspiration

morceau d'inspiration

J’ignore ce que vous en pensez, mais personnellement j’aime bien ces petits lambeaux de mots, sur un terrain de jeu anonyme qui leur permet d’exprimer ce qui leur passe par la tête. Bien sûr, on ne parle pas de littérature, mais d’un autre côté, parmi 1000 de ces graffitis, il y en aura peut-être un qui me/vous touchera droit au coeur…il suffit de bien vouloir ouvrir les yeux, non?

2 avril 2009 Posted by | Cri sur le mur | , , | Laisser un commentaire

réseaux sociopathes III

Comme je reste définitivement un digital immigrant (comme on dit),  sans espoir d’arriver un jour à la terre promise – il faudrait pour cela franchir la mer du php, upgrader sérieusements mes compétences en mathématique à l’ , et rédiger un XML Schéma en palindrome les yeux fermés – je dois me corriger de post en post.

Enfin voilà, c’était pour dire que à ma grande honte, c’est seulement hier que j’ai découvert le réseau social le plus important (le plus anglophone en tous cas) :

www.librarything.com

Et….oui, on peut importer ses données en CSV! Alors ni une ni deux, hop, j’ai testé pour voir en exportant mes données de livingsocial…et…ça marche plutôt couci-couça :-/

En fait, il importe seulement le minimum vital des métadonnées : Auteur Titre Date et tout le tralala. Par contre les notes attribuées (ça aurait été étonnant, vu que les échelles de valeur changent d’un site à l’autre…) disparaissent. Bon c’est pas grave. Par contre, les critiques sautent aussi et ça c’est vraiment dommage, vu que c’est la seule vraie plus-value que chacun peut amener.

C’est un bon début mais ça se termine quand même en queue de poisson.

2 avril 2009 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , , | Laisser un commentaire