Farfouille

zigzags en dilletante

Quand tourner une page devient un véritable challenge

Découverte avec les ebooks bardés de DRM : passer de la page 6 à la page 7 n’a rien d’évident.

Comme on le sait, Payot propose l’achat d’e-books depuis leur catalogue en ligne. Par curiosité, j’ai voulu tenter le coup. Mais quoi acheter? Après avoir parcouru – assez laborieusement – le catalogue de la librairie, je suis tombé en arrêt devant un livre, Les jours redoutables, sur Israël et la Palestine.

Un joli titre : en fait les jours redoutables font référence aux dix jours précédant le Yom Kippour (jour du Grand Pardon)

Tout s’est bien déroulé : armé d’une carte de crédit (c’est obligatoire, si on veut acheter des ebooks), j’ai pu télécharger le livre et l’injecter dans mon reader.

Au fait, une petite comparaison de prix est très instructive :

  • Prix papier : CHF 38.50 (en grand format, chez Payot)
  • Prix du PDF : CHF 23.80 (chez Payot)
  • Prix de l’ePub : CHF 25.30 (chez Payot)…mais on peut l’acheter chez EPagine à 17.60 Euros (soit CHF 21.53 au cours actuel! En d’autres termes, c’est moins intéressant de l’acheter chez un libraire suisse, car celui-ci doit respecter des contrats de diffusion qui le contraignent à vendre son ebook plus cher qu’en France…tout comme pour les livres papiers! Une absurdité stupéfiante, puisqu’il est tout aussi facile d’acheter son livre chez Epagine que chez Payot…).

Ce problème de prix étant noté, j’ai commencé à lire mon ebook….l’introduction est sympa et….parvenu à la page 6, je clique désespérément pour passer à la page suivante…sans résultat! Très vite, je me demande si le fichier n’est pas bloqué par les DRM (car j’ai dû utiliser mon ID Adobe afin d’authentifier mon ebook sur mon portable, puis sur mon Sony Reader). Pour en avoir le coeur net, le mode d’emploi pour faire sauter les DRM est très simple.

Quelques minutes plus tard, ayant déverrouillé mon ebook, ô joie, voici que je peux maintenant passer de la page 6 à la page 7 en toute quiétude!

Je me suis permis de signaler le cas au SAV de Payot, aussi par curiosité, pour voir quelle serait leur réaction…et j’ai eu la surprise d’avoir une réponse directement de la part du directeur de Payot. Voici ce qu’il m’a (entre autres) dit :

1. je signale le pb que vous avez rencontré au fournisseur, afin qu’il regarde si le fichier que vous avez acheté était endommmagé.
2. le prix des fichiers numérique : je suis d’accord avec vous, ils sont encore très chers vs la version papier, notamment. Le prix est fixé par l’éditeur, nous n’avons pas « la main » sur le prix. C’est une des conditions fixées pour pouvoir les commercialiser que de nous engager à respecter les prix de vente. Les édieturs francophones souaitent éviter un marché de dumping comme aux Etats-Unis.
3. Les DRM : idem, ils nous sont imposés par l’éditeur, comme le prix de vente. Sur le fond, je suis d’accord avec vous et suis personnellement contre. Les livres papier ont toujours circulé librement, protéger les fichiers numériques de cette façon est un frein à leur diffusion.
Et en plus ils sont faciles à craquer, donc inefficaces !

Je crois qu’il est clair qu’on ne peut pas accuser les librairies d’être de mauvaise volonté ; c’est tout un système dans son ensemble (celui de la distribution du livre) qui doit complètement se renouveler. Et cela sans vouloir calquer des règles qui seraient valables dans un monde « papier » mais qui deviennent complètement absurdes dans un contexte purement numérique (ainsi le prix des ebooks….).

Ce qui est intéressant, c’est de constater que Payot et son directeur suivent ce marché des ebooks très attentivement au point même de répondre personnellement au simple consommateur.

27 mai 2011 Posted by | Web 2.0 3.0 4.0 .... | , , | Laisser un commentaire