Farfouille

zigzags en dilletante

Poésie participative à Saint-François

Contrairement à ce qui peut se passer ailleurs (comme à Vevey, à la Saint-Martin, où les graffitis n’avaient aucun sens sinon le fait de s’affirmer et de salir délibérément un lieu sacré et historique), j’apprécie lorsqu’il y a un jeu intéressant qui se crée ; une forme de connivence entre un lieu – et un regard décalé, qui le transforme, lui donnant un sens supplémentaire.

Oui, c’est trop théorique ; c’est bien pour cela qu’une image vaut mille mots :

un véritable anneau lié à une illustration

Jeu entre l'existant et l'imaginé

J’aime bien, c’est sans prétention, ça a pour but de faire rire et l’auteur ne se met pas du tout en avant ; il est caché derrière son œuvre (ce n’est peut-être pas si courant que ça). Et, finalement, je trouve qu’il y a décidément une touche poétique qui parvient à relier des éléments qui ne relèvent pas de la même dimension (entre deuxième et troisième, il y a tout de même un monde!).

Mh, une petite hésitation herméneutique : est-ce qu’il s’agit d’un fantôme de Pacman? En tous cas c’est une interprétation que je suis très tenté de faire..

Accessoirement, si je ne me trompe pas, on est ici accolés à un bâtiment historique, qui me laisse supposer que l’utilité (au premier degré) de l’anneau devait bien être d’attacher un cheval, par les rênes (bien sûr!).

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3 juin 2010 Posted by | Cri sur le mur | , | Un commentaire

postanarchisme

Finalement, ce n’est pas très simple de trouver des choses intéressantes accrochées au mur (certainement parce que les sentiers battus ne sont pas fait pour ce type de découvertes).

Mais quand même. A Vevey, ces jours, il y a une résurgence très soft et ironique de l’anarchisme, avec le slogan exclamatif que voici :

graffiti intitulé "Anti tout!"

ironie - mais ou est la conviction?

Évidemment, on est très loin de la hargne énergétique de Bakounine. Encore une fois, on se retrouve heurté par un mur sémiotique : si le message est parfaitement lisible – d’un point de vue technique – le geste même nous échappe. Pourquoi cela? Pourquoi ici?

Ce que l’on peut seulement faire, c’est sourire devant l’auto-dérision de la main qui la sprayée : bien sûr qu’être contre tout est une posture absurde et son auteur n’y croit pas une seconde. C’est un peu une variante postmoderne du graffiti : celui-ci n’exprime aucune conviction, seulement une pointe d’humour mais qui cache mal un vide terrible : qu’est-ce qui peut être digne d’une cause, pour que l’on la proclame fièrement, pour qu’on l’écrive au vu et au su de tous?

Rien visiblement.

[cela reste évidemment hautement spéculatif]

10 mai 2010 Posted by | Cri sur le mur | , , | Laisser un commentaire

Lausanne, ville de graffitis

L’autre jour, en prenant le M2 – qui a décidément un air parisien, surtout en sortant de stations portant des noms composés, tentant de marier à la fois la toponymie locale et une figure censée être marquante, comme l’est Riponne-Maurice-Béjart ; cela évoque tout d’un coup des Richard-Lenoir, Quai Branly, Bel-Air (celui-ci m’a fait marrer, c’est un véritable passe-partout qu’on trouve aussi à Genève ^^ en plus de Lausanne et Paris), Boulogne-Billancourt et ainsi de suite… –

[N.B. : je ne sais plus du tout comment rattraper ma phrase :-/ . Petite note interne : penser à perfectionner ma grammaire française et cesser de vouloir imiter Marcel P. qui est de toute façon un modèle très hétérodoxe même si ce préfixe n’est pas très bien adapté à ses choix intimes et personnels – BREF PASSONS]

Donc j’ai croisé ce message qui ne peut qu’interpeller :

Inscription : "BAISE MOI J SUIS FRANCAIS"

Référence à la sexualité et à l'altérité : un exemple édifiant

La question est : comment interpréter ce message? Bon, sans être exagérément pédant, je trouve que c’est un exercice passionnant puisqu’on est obligé d’imaginer un contexte qui ait provoqué la création de cette accroche…Quelqu’un s’est-il fait piquer son travail/sa femme/autre chose par un Français?

[N.B. : on aura remarqué la force des stéréotypes dans ma réflexion puisque j’extrapole – par la violence langagière employée – en supposant qu’il s’agit d’un homme. Cependant le type d’écriture me semble confirmer cette hypothèse ^^)].

Bref, j’aime toujours ces surprises textuelles qui font sourire (in/volontairement). J’espère qu’il y en aura beaucoup en 2010 à faire partager! 🙂

16 janvier 2010 Posted by | Cri sur le mur | , | Laisser un commentaire

Mur collaboratif?

L’orthographe c’est comme un lance-flamme.

Il suffit d’ajouter une petite lettre de rien du tout (disons : un « s ») pour humilier publiquement quelqu’un.

Hop, un petit exemple glané autour de la Riponne lausannoise :

collaboratif indésiré

collaboratif indésiré

Une variante de la loi du talion y est exprimée (plutôt que la règle d’or, vu le ton légèrement vindicatif) :

Vous voulez comment je vous traite[s]? ça dépend comment vous me traitez

Un petit malin y rajoute son grain de sel…en l’occurrence un petit « s ». Même si l’intention est parfaitement mesquine, c’est en tous cas la preuve que l’interpellation a fonctionné…

…et le lance-flamme se retourne contre son auteur : la correction était parfaitement inutile et contre-productive d’un point de vue grammatical!!!!

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19 octobre 2009 Posted by | Cri sur le mur | , | Laisser un commentaire

Créativité universitaire

L’UNIL est un environnement sociologique absolument passionnant ; oh pas forcément dans les auditoires. Je suis persuadé qu’une personne qui traîne quelques minutes dans une cafétéria en buvant à petites gorgées un café peuchère (d’excellente qualité le matin, infecte dès 15H, pour des raisons qui m’échappent), si elle laisse traîner ses oreilles, elle pourra facilement surprendre des discussions assez originales.

Mais bon, ce n’est pas pour moi, puisque mes oreilles refusent hermétiquement de s’ouvrir à ce genre…Mais cette légère frustration s’évapore en chemin vers…les toilettes.

Eh oui, dans l’intimité des WC, la liberté d’expression prend tout son sens…de l’humour scato peu fin, certes, mais aussi des perles. Ou des sentences qui font sourire. Un exemple? Dans les toilettes de la BCU, on trouve ceci :

Tordu, isn't it?

Tordu, isn't it?

Un mea culpa : la luminosité n’étant vraiment pas optimale, j’ai dû recourir au flash, avec l’effet de miroir qui en résulte sur ce mur (encore) assez blanc…L’interprétation est assez tordue, mais je penche quand même pour la version salace. Cependant, pour une fois, je trouve que c’est assez subtil. Et ça fait sourire.

On remarquera que le format du carrelage qui recouvre les murs des WC permet de structurer les textes (souvent une lettre par case…sauf justement dans le cas qui nous occupe ci-dessus, il est vrai).

30 mai 2009 Posted by | Cri sur le mur | , , | Laisser un commentaire

De l’expressivité d’un arrêt de bus

Corsier, ça ne m’évoque pas Chaplin – si c’était le cas, ça voudrait signifier que je serais un touriste.

Non, quand j’y pense, c’est forcément à l’arrêt de bus.

Ah, tiens le voilà :

au lieu dit "les terreaux"

au lieu dit "les terreaux"

C’est un endroit morne, coincé entre le pont de Gilamont et la route de Châtel ; le Grammont et les Dents du midi font ce qu’ils peuvent pour égayer les lieux.

Et là, des générations d’élèves y font le pied de grue jusqu’à ce que le bus scolaire veuille bien daigner s’y arrêter.

Le Tippex est le spray du pauvre ; mais il est formidablement efficace sur les vieilles planches en bois d’un brun très fonçé. Et ça donne ceci :

morceau d'inspiration

morceau d'inspiration

J’ignore ce que vous en pensez, mais personnellement j’aime bien ces petits lambeaux de mots, sur un terrain de jeu anonyme qui leur permet d’exprimer ce qui leur passe par la tête. Bien sûr, on ne parle pas de littérature, mais d’un autre côté, parmi 1000 de ces graffitis, il y en aura peut-être un qui me/vous touchera droit au coeur…il suffit de bien vouloir ouvrir les yeux, non?

2 avril 2009 Posted by | Cri sur le mur | , , | Laisser un commentaire

Même les tags vieillissent

Au sens sémantique du terme s’entend.

Eh oui, avant que l’on parle de Facebook (où l’on peut taguer / tagguer ses « amis » sur des photos – peu importe qu’il s’agit de visages souriants ou de fesses, si vous n’avez pas de bol), et avant que l’on parle de blogs (où, là, on accole un tag à son article…autrement dit, un mot-clé dans le vieux langage des bibliothécaires), le tag c’était autre chose.

Une signature sur un mur – lisible ou illisible (pour le commun des mortels, s’entend). Et ça faisait cool de mettre des tas de tags partout. Pour un peu, on se serait cru à Paris. D’ailleurs ça se fait toujours. Par contre, j’ignore totalement s’il s’agit de nouveaux djeunes ou s’il s’agit d’anciens sur le retour qui n’arrivent pas à se détacher de leurs anciennes pratiques.

Mais je m’égare. Parce que, en fait, ce qui m’intéresse c’est pas les tags. Ben oui, c’est plutôt les graffitis. Quoi, c’est la même chose?

Bon, alors disons, les inscriptions – les slogans que l’on retrouve au détour d’un mur dans un espace public (fermé ou ouvert). J’aime bien, franchement, même si je n’ai jamais osé en faire. Il y en a beaucoup qui sont stupides, d’autres absurdes, quelques uns poétiques et d’autres…tout simplement criants de vérité.

Alors le but des billets publiés sous cette catégorie, eh bien, ce sera d’en montrer quelques uns, rencontrés par hasard dans de grandes villes cruelles et impitoyables comme à Lausanne ^^ . Ce sera donc une manière non-systématique d’archiver, de documenter, de répétorier ces morceaux flottants de mots qui vagabondent parmi nous, et qui s’insèrent peut-être dans nos esprits.

22 février 2009 Posted by | Cri sur le mur | , | Un commentaire